mercredi 16 mai 2007
Bientôt plus difficile
d’accès que le bac ! La
boutade qui sort de la
bouche d’un exploitant d’auto-école souligne la crise
que traverse l’examen du
permis de conduire. Concernant
la licence automobile B
du moins puisque que les
transports professionnels
restent prioritaires dans cette
activité. La voiture constitue
pourtant un outil social
d’autant plus essentiel qu’elle
concerne les territoires ruraux
où les déplacements
échappent aux moyens collectifs.
« Mais ville ou campagne,
tous les sites sont concernés
par les fortes tensions
sur les capacités d’accueil des
centres, fait-on obser ver
dans les écoles.
Tours de vis
sur les effectifs
Par endroits, sur le Massif
central, il faut compter
en milieu urbain jusqu’à
deux mois d’attente et s’exposer
à des rallonges pour les
recalés. » Autant dire que la
patience est aussi mise à
l’épreuve.
Deux phénomènes se conjuguent
pour ralentir la fluidité
des opérations. Le rallongement
de 22 à 35 minutes
(pour mise en conformité
européenne) de l’examen et
le ralentissement (à 45 places)
du recrutement des inspecteurs
(au nombre de 1 200
pour le territoire) alourdissent
un dispositif déjà en limite
de rupture. La charge de
travail des fonctionnaires -
aux attributions d’ailleurs
élargies - a augmenté de 40 %
sans que leurs rangs s’accroissent
d’autant. « Les prochaines
dispositions, à partir
d’octobre, pourraient encore
accentuer la pression en réduisant
de 20 % les capacités,
prévient Jean-Louis Ollier, en
poste au Puy et formateur au
centre national de Nevers. En
regard, le bon plan de la conduite
accompagnée apparaît
plus que jamais une aubaine
car elle prépare efficacement
les candidats. Le taux de
réussite dans ce cas de figure
est remarquable... et contribue
à désengorger les listes
d’attente lestées par les recalés.
» Comme si la formulation
du questionnaire à réponses
multiples ne se montrait
pas déjà ultra-sélectif,
mettant en situation périlleuse
les émotifs et les plus tendres
en regard de la langue,
un nouveau tour de vis s’annonce
avec la mise en harmonie
européenne. Les pays
du nord de la communauté
se montrent beaucoup plus
exigeants sur le bagage des
postulants au volant. Parmi
les moins mal lotis sous l’angle
du coût (de l’ordre de
1 000 € dans les départements
du Massif central), les
candidats du Massif central
n’échapperont pas au prochain
allongement de l’attente
qui soulève aussi la colère
dans les rangs des formateurs
placés pour certains en difficulté
économiques.